Interview d’Hervé Béghin à l’occasion de la sortie de son recueil de nouvelles

Nous souhaitions mettre à l’honneur  Hervé BÉGHIN, Grand Lauréat de la 7e édition du Prix littéraire Alain Decaux de la Francophonie, pour la publication de son recueil  « Contes, nouvelles et divagations ».

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

« Je suis né en 1948 à HAZEBROUCK, où j’ai suivi mes études jusqu’au bac philo. Puis j’ai intégré la fac de droit de Lille, laquelle s’est lassée de moi assez rapidement. Début Janvier 1969, j’ai intégré une étude d’Huissier de Justice en qualité de stagiaire à DUNKERQUE, ville que je n’ai plus quittée. Après avoir obtenu le concours d’Huissier en 1972, je me suis marié et j’ai effectué mon service militaire au 43ème RI de Lille, où j’étais Secrétaire du Chef de Corps. J’ai succédé en 1976 à mon prédécesseur et Maître de stage et j’ai exercé cette fonction durant 34 ans, jusqu’à ce que sonne, un peu plus tôt que prévu pour raison médicale, l’heure de la retraite. »

A quel moment vous êtes-vous passionné pour l’écriture. Que vous apporte cette activité ?

« A l’âge de 18 ans, j’ai écrit ou plutôt commencé à écrire une pièce de boulevard qui aurait dû s’intituler « Père ou Maire » mais, sûrement par manque d’imagination, je ne l’ai jamais terminée, à mon grand désespoir. J’aurais adoré marcher modestement dans les pas de Guitry, Achard ou Barillet et Grédy, je ne manquais jamais l’émission culte de l’époque « Au théâtre ce soir ». Mais en terminale Philo, une très large place était réservée à la lecture. C’est ainsi qu’outre les philosophes classiques, j’ai découvert et apprécié de nombreux écrivains, dont Balzac, Cesbron, Lautréamont sans oublier des auteurs étrangers tels Hemingway et Scott Fitzgérald.

En 2017, sur les réseaux sociaux que, pourtant, je fréquentais avec une extrême modération, j’ai retrouvé celle qui avait été mon amour de jeunesse et, vibrant d’une réelle nostalgie, l’idée s’est imposée d’écrire une première nouvelle intitulée « Je t’ai tant oubliée », qui voit un personnage, pourquoi pas moi, évoluer le temps de quelques pages entre rêve et réalité. Ecrire cette histoire m’a réellement intéressé et même apaisé. Et puis j’ai continué à écrire des contes et des nouvelles à un rythme tranquille, au gré de mes voyages et balades imaginaires. « 

En 2019, vous avez été désigné Grand Lauréat du prix littéraire Alain Decaux de la Francophonie organisé par la Fondation de Lille. Pourquoi avoir souhaité participer à ce concours littéraire ?

« A l’époque de la genèse de cette aventure, j’ignorais qu’il existait des concours de nouvelles. J’aurais aimer tester mon écriture au travers d’un roman, quand j’ai appris que la Fondation de Lille organisait un concours de nouvelles à thème libre, ce que j’ai de suite apprécié, car il me semble qu’il est souhaitable de permettre aux auteurs de laisser vagabonder leur imagination en évitant de leur imposer une trame précise. J’avais déjà écrit quatre ou cinq petites histoires, dont « La doublure écossaise », que j’ai décidé d’inscrire au concours en me disant « On ne sait jamais ». Cette décision m’a paru naturelle dans la mesure où j’ai toujours été un amoureux de la langue française, de son vocabulaire, de sa richesse grammaticale mais aussi et par dessus tout, de sa musicalité. Voilà d’ailleurs pourquoi je privilégie souvent dans mes écrits des phrases plutôt longues, qui me renvoient aux lignes musicales des partitions que je jouais au violon dans ma jeunesse. »

Que vous a apporté votre participation à ce prix et comment avez-vous réagi en apprenant que vous étiez le Grand Lauréat désigné par Michel QUINT et après une sélection réalisée par 250 personnes ?

« Lorsque Céline, Chargée de Projets à la Fondation de Lille, m’a invité par message téléphonique à me rendre sur le site de la Fondation et qu’ainsi j’ai appris que ma nouvelle était lauréate du prix Alain Decaux de la Francophonie pour les Hauts de France, j’ai été littéralement abasourdi, d’autant que plusieurs mois s’étaient écoulés depuis l’envoi de ma nouvelle, et que j’avais totalement occulté ma participation. Ce message, évidemment, m’a comblé mais j’étais loin de me douter que Michel QUINT, un Maître de la Littérature française contemporaine, allait m’attribuer, parmi toutes les nouvelles lauréates, la place de Grande Lauréate du prix. Quand l’annonce m’en a été faite, je suis, en pensée, tombé de ma chaise. C’est de nouveau Céline qui me fit part de cette nouvelle à la fois extraordinaire, magnifique, mais aussi quelque peu terrifiante, car j’appris en même temps qu’il me faudrait évidemment participer à la remise des prix devant les membres du jury, puis à la journée de la lecture, sans oublier une séance de dédicaces à laquelle j’étais tellement peu préparé que j’ai commencé ce moment d’exception en utilisant ma « griffe » professionnelle plutôt que ma signature civile. Mais bien sûr, tout cela ne fut que pur bonheur !

Vous venez de publier un recueil intitulé « Contes, nouvelles et divagations » ; quelle a été votre motivation pour l’écriture de ce livre ?

« Effectivement les Editions Saint Honoré ont édité un recueil des 18 nouvelles que j’ai écrites à ce jour. A l’origine, mon seul but était de laisser une trace de moi à mes proches, famille et amis. Je n’avais pas l’intention de destiner ce recueil à un public. Mais, un soir de Novembre 2020, j’ai envoyé à la Maison d’édition un fichier complet pour lecture et avis et, 24 heures plus tard, une responsable m’a appelé pour me dire qu’elle souhaitait publier mes petites histoires, ayant « apprécié les nouvelles de genres très divers et un style limpide, accessible au plus grand nombre ».

Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

« De nombreux grands auteurs ont publié des recueils de nouvelles (Maupassant, Mérimée, Camus entre autres). En ce qui me concerne je pense que je n’ai pas, à ce jour, trouvé l’élan pour écrire un ouvrage plus consistant. Mais j’affectionne particulièrement l’écriture de ces histoires courtes, sans temps mort, mettant en scène peu de personnages, dont certaines respectent même les exigences des pièces du théâtre classique (unités de temps, de lieu et d’action). Et de plus, à une époque où le « prime time » de la TV se termine régulièrement vers 23 H OO, ce que je dénonce d’ailleurs dans le livre, je pense qu’un recueil de nouvelles peut devenir un livre de chevet, cet ami littéraire qui permet à chacun, avant d’éteindre les lumières, de profiter d’une ou deux courtes histoires, sans avoir à se demander si le lendemain il se souviendra de ce qu’il aura lu d’un roman la veille ou les jours précédents, contraint bien souvent à des retours en arrière quelque peu fastidieux. »

Y a-t-il une nouvelle que vous préférez aux autres ?

« Sur les 18 nouvelles du recueil, si l’on excepte « La doublure écossaise » pour le succès qu’elle a connu, et « Cher Edouard », primée à la même époque au concours des Bords de Lys, je n’ai pas de réelle préférence pour l’une ou une autre. Elles ont été écrites à un moment où je ne pouvais écrire autre chose, et cela suffit à constituer, pour moi, leur raison d’être. « 

Quel est le dernier livre que vous avez lu ?  l’avez-vous aimé, le recommanderiez-vous ?

« Il me faut avouer que, si j’écris parfois, je ne lis que relativement peu, car je passe la plus grande partie de mes journées à écouter de la musique, souvent classique, mais aussi de variété. Je suis donc mal placé pour conseiller qui que ce soit. Mais j’ai relu récemment avec intérêt un de mes auteurs préférés, Gilbert Cesbron, notamment « Chiens perdus sans collier », dans lequel l’auteur se penche sur l’univers des « gosses perdus », orphelins, abandonnés, petits délinquants. Qu’y a t-il donc de plus important que le sort de certains personnages des générations qui vont nous succéder ? Il me semble que le Juge qui se penche sur la vie de ces gosses devient, sous la plume de Cesbron, un humaniste, et l’émotion qui se dégage du livre est magnifiquement servie par le style de l’auteur qui coule sans effort avec ces consonances musicales auxquelles j’attache tant d’importance. Ce roman, comme tous ceux qui constituent l’œuvre de Cesbron, mérite à mon sens d’être lu ou relu. »


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Dans les réseaux de distribution : Fnac, Cultura, décintre.fr, diliCOM, Amazon, Chapitre.com, Cdiscount
Contact : compta@editions-saint-honore.com

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